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Capitale du Languedoc viticole, Béziers est aussi la ville du rugby, de la fête et de la Féria. La ville s'étage à flanc de coteau dans une boucle de l'Orb et veille sur une vaste étendue de vignobles. Propulsée vers la richesse à la grande époque du vin, elle a gardé un beau patrimoine, dispersé le long des ruelles ombragées à l'atmosphère toute méridionale. A seulement 10 km de la mer, Béziers est une ville très agréable, couronnée par la silhouette splendide de sa cathédrale. Les jours de corridas ou durant la Féria traditionnelle du 15 Août, son caractère méditerranéen éclate, fortement marqué par son héritage espagnol.

 

Une longue histoire de commerce

 

Toutes les conditions sont réunies, dès la préhistoire, pour que l'homme s'établisse à Béziers: une terre d'alluvions, riche et bien arrosée, et un climat adouci par la proximité de la mer. Ces mêmes atouts favorisent le commerce et, à partir du V° siècle avant notre ère, on retrouve la trace d'échanges nombreux, avec les Grecs par l'intermédiaire d'Agde, avec les Espagnols par Port-Vendres et avec les Celtes par le nord et l'ouest. Protégée par un oppidum, la petite cité prospère, et l'artisanat local se développe.

 

La colonisation Romaine confirme cet essor: placée sur la voie domitienne, Béziers est une étape pour les marchands. Au Ier siècle, on plante des vignes et la plaine devient renommée pour la qualité de ses vins que l'on exporte vers ROME.

 

Une histoire mouvementée

 

Le christianisme fait son apparition dans la ville au IV° siècle, mais la communauté doit subir les invasions des Vandales et des Wisigoths. Au VIII° siècle, les Francs la libèrent, mais la ville est brûlée. Elle se reconstruit peu à peu sous la dynastie Carolingienne et le pouvoir s'organise, durant les siècles qui suivent, entre trois têtes: l'évêque, le vicomte et le consul. Le pire reste à venir, durant la croisade contre les cathares. Béziers fait partie du fief des Trencavel, protecteurs notoires des hérétiques. La ville compte alors plus de 10000 habitants, parmi lesquels 223 sont suspectés d'hérésie, et un grand nombre de visiteurs,  venus pour la fête de la Sainte Madeleine, le 22 juillet 1209. Le vicomte de Trencavel vient de partir pour défendre Carcassonne. Le 21 juillet, les armées des croisés campent devant la ville et somment les habitants de livrer les hérétiques. Les Biterrois refusent. Sûrs de leur invulnérabilité, au matin du 22, quelques provocateurs sortent des remparts pour narguer les croisés. Furieux, les "ribauds" (on appelait ainsi les fantassins) se précipitent à leur poursuite, pénètrent à l'intérieur de la ville et entament le sac de Béziers (en occitan, on dit le gran mazel, la grande boucherie). Les habitants terrifiés se réfugient dans les églises, mais les ribauds mettent le feu à la ville. La cathédrale en flammes s'écroule sur les habitants. Dans l'église de la Madeleine, des milliers de femmes et d'enfants sont égorgés à l'épée. Partout le sang coule. Les évaluations, invérifiables, parlent de 10000 morts, voire 20000. Le compte rendu au Pape, en tout cas, est clair: "la vengeance de Dieu a fait merveille, on les a tous tués". une nouvelle vague de violence envahit la ville durant les guerres de religion. Les réformés la prennent en 1562 et saccagent les églises des catholiques.

 

Le retour à la richesse

 

Malgré quelques crises politiques lors de la révolte du gouverneur du Languedoc contre richelieu, la ville est riche et prospère. Elle tire ses revenus du comerce du vin, du blé et de l'huile. Un marché très actif permet de négocier les alcools des distilleries, les vins, les poteries, les cuirs et peaux... Un important collège de jésuites est fondé au XVI° siècle et la ville abrite une bourgeoisie cultivée. Au XIX° siècle, la bonne santé économique se confirme avec l'essor du vignoble. Les investisseurs se bousculent et le Biterrois se lance dans la monoculture. A la fin du siècle, Béziers est la ville la plus riche du Languedoc. Mais la grande crise viticole de 1907 plonge la région dans la débâcle et entraîne des manifestations d'une extrême violence. Après ce passage difficile, Béziers reste un grand centre viticole, mais se diversifie vers l'industrie et les services.