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Actualités de Béziers et d'ailleurs
#twitter désactive des comptes anti- #Sarkozy #SarkoCensure
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#twitter désactive des comptes anti- #Sarkozy #SarkoCensure Plusieurs comptes Twitter (et, semble-t-il, de FaceBook) ont été désactivés ces samedi 18 et dimanche 19 février par Twitter. Ces suppressions seraient conformes aux Conditions Générales d’Utilisation de Twitter (dites Twitter Rules), notamment quant à l’usurpation d’identité ou la parodie avec un compte comprenant le nom de la personne parodiée. Mais ces points, de nature juridique, restent ce soir très débattus.
Plusieurs hypothèses pour expliquer ces « censures ». Elles peuvent faire suite à des plaintes, alertes, ou demandes de blocages faites par l’entourage de Nicolas Sarkozy. Il peut aussi s’agir de conséquences à des demandes de blocage massives de la part des militants UMP utilisant les procédés de dénonciations ou de spams. Ces fermetures peuvent enfin venir de demandes adressées directement par Nicolas Princen, le conseiller numérique de Sarkozy, critiqué cette semaine pour ses interventions auprès FaceBook, et qui aurait pu intervenir directement au nom du président auprès du patron de Twitter. Mais ces différentes hypothèses restent à vérifier.
Toujours est-il que les comptes concernés sont @mafranceforte, @fortefrance @DehorsSarkozyet @SarkozyCaSuffit (réapparu hier soir sous le nom de @SarkozyCestFini). Ce dernier compte a finalement été également désactivé ce dimanche soir. @SarkozyCestFini est bien fini.
Sur Twitter, les critiques à l’égard de ces décisions sont innombrables, dirigées contre Nicolas Sarkozy et ses équipes, mais aussi contre Twitter. L’hashtag #SarkoCensure a connu un certain succès sur le site de micro-blogging. Un véritable cri anti-censure.
Rappelons que Twitter n’a pas de bureau en France, ni de salarié, et que le réseau social français est géré depuis la Grande Bretagne. Cette semaine, un représentant de Twitter était à Paris. Il a rencontré les équipes de Nicolas Sarkozy, mais aussi de François Hollande. (Disclaimer : J’ai pu moi-même le rencontrer puis dîner avec lui).
De son côté, l’association Internet sans frontières s’étonne de la coïncidence entre le lancement du compte officiel du candidat, @NicolasSarkozy, le 15 février, et la censure le 16 d’un compte parodique pourtant en activité depuis 2010 et baptisé @_nicolassarkozy (Voir ici les explications du détenteur du compte et l’email des responsables de Twitter).
Les comptes parodiques hostiles à François Hollande sont également nombreux, tels @FrancoisHolland @PsyHollande @DehorsHollande ou encore @FranHollande, et ne semblent pas, à ce jour, avoir été désactivés.
A mon sens, les caricatures ont toute leur place dans une démocratie et dans le débat public, à condition de ne pas tomber sous le coup de la loi (diffamation, atteinte à la vie privée etc.). Bien qu’étant producteur et animateur à Radio France, j’ai été un des rares (avec Nicolas Demorand ou Thomas Legrand) à défendre publiquement, et dans mon émission, pour cette raison même Stéphane Guillon et Didier Porte. Il n’est donc pas question de demander l’interdiction des comptes parodiques contre Hollande, Mélenchon, Bayrou ou Eva Joly, mais demander que ceux qui caricaturent, loyalement, et si possible, avec talent, Nicolas Sarkozy ne soient pas censurés.
Signalons que les caricatures politiques sont une tradition française ancienne. La monarchie de Juillet, par exemple, attachée malgré elle à la liberté des médias, avait finalement décidé de ne pas interdire les dessins de Daumier représentants Louis-Philippe. Les fameuses poires.
Visiblement, Nicolas Sarkozy n’a pas été du même avis.




